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François Huleux

Doctorant

Sujet de recherche

L’apport du patrimoine culturel immatériel à la conservation durable de la biodiversité

Directeur de recherche

Véronique Guèvremont

Co-directeur de recherche

Laurent Neyret

« On entend par “patrimoine culturel immatériel” (PCI) les pratiques, représentations, expressions, connaissances et savoir-faire - ainsi que les instruments, objets, artefacts et espaces culturels qui leur sont associés - que les communautés, les groupes et, le cas échéant, les individus reconnaissent comme faisant partie de leur patrimoine culturel. Ce patrimoine culturel immatériel, transmis de génération en génération, est recréé en permanence par les communautés et groupes en fonction de leur milieu, de leur interaction avec la nature et de leur histoire, et leur procure un sentiment d’identité et de continuité, contribuant ainsi à promouvoir le respect de la diversité culturelle et la créativité humaine. »[1] (nos soulignés).

Le PCI, dans l’objectif de conservation de la nature a deux intérêts particuliers. Premièrement, les connaissances et pratiques concernant la nature et l’univers ont permis de renforcer les capacités de gestion durable des espaces de conservation. Deuxièmement, les traditions, pratiques sociales et rituels en lien avec un environnement donné sont sources de conservation d’espaces riches en diversité biologique.

Depuis les origines de la conservation, plusieurs manières de conserver ont été développées et depuis quelques décennies un nouveau modèle holistique de conservation durable des écosystèmes naturels intégrant les communautés s’est développé. En effet, créé en 1971, le Programme MAB de l’UNESCO (Man and Biosphere) met en œuvre cette vision en sauvegardant des espaces où Hommes et nature coopèrent.

Dans le même ordre d’idée, la Convention pour la protection du patrimoine mondial, culturel et naturel de l’UNESCO, élaborée en 1972, différencie trois différentes sortes de patrimoines : culturel, naturel et mixte. Le patrimoine culturel intègre une perspective holistique en ce que l’article 1 de la Convention définit les sites comme, entre autre, des « œuvres de l'homme ou œuvres conjuguées de l'homme et de la nature ». Depuis, la Convention du patrimoine mondial n’a jamais cessé d’impliquer de plus en plus cette perspective.

En 1992, lors de sa 16ème session, le Comité du patrimoine mondial a adopté des orientations reconnaissant et protégeant les paysages culturels (patrimoine culturel) représentant les ouvrages combinés de la nature et de l’Homme.

Enfin, la valorisation du rôle des communautés dans la mise en œuvre de la Convention est devenue un objectif stratégique en 2007[2].

La reconnaissance du PCI et sa sauvegarde dans l’objectif d’assurer la conservation durable de la diversité biologique est, aujourd’hui, incontournable. A cet égard et afin d’assurer cette reconnaissance, la Convention pour la sauvegarde du PCI a été élaborée en 2003. Cette Convention a pour objectif de sauvegarder le PCI, d’assurer le respect du PCI des communautés, groupes et individus concernés, de sensibiliser aux niveaux local, national et international à l’importance du PCI et de son appréciation mutuelle et d’assurer la coopération et l’assistance internationales autour du PCI[3].

L’objectif de cette thèse est d’analyser, en lien avec les objectifs de conservation de la biodiversité, les formes de PCI sauvegardées par la Convention du patrimoine mondial, les mécanismes d’insertion des connaissances traditionnelles au sein de la gestion des sites du patrimoine mondial, les mécanismes d’intégration des porteurs du PCI, les nouvelles formes de sauvegarde offertes par la Convention PCI, les formes de gestion du PCI par la Convention PCI, la gestion des « espaces » du PCI mise en œuvre par la Convention PCI, les sites liés par les deux Conventions s’il en existe et enfin les meilleures pratiques afin de proposer une liste de recommandations à l’adresse des sites du patrimoine mondial intégrant une dimension PCI.

Notre recherche, pour une analyse plus poussée, aura sans doute l’occasion d’être limitée à l’analyse de différents sites du patrimoine mondial ou différentes expressions du PCI appartenants à un ou plusieurs pays.

 


[1] Article 1, para. 1 de la Convention sur la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel.

[2] WHC-07/31.COM/13B

[3] Article 1 de la Convention. 

Études antérieures

  • Licence à la Faculté de droit de l’Université catholique de Lille
  • Master 1 à la Faculté de droit Alexis de Tocqueville de l’Université d’Artois
  • Master 2 à la Faculté de droit Alexis de Tocqueville de l’Université d’Artois (année d’échange à la Faculté de droit de l’Université Laval)